Départ en ferry
13/08/2010
Un départ de ferry mémorable…
1h20 du matin – Quelque part au milieu du port du Pirée
Première galère. J’étais supposée embarquer dans un ferry hier soir à 23h59 précisément. On m’a demandé de me présenter à l’embarcadère une demie-heure plus tôt. J’ai préféré prendre de l’avance et suis partie à 22h30 du centre d’Athènes (station Monastriki, la ligne verte) pour arriver 20 minutes plus tard au port du Pirée.
A ce sujet, le Pirée, c’est l’horreur. Pollué, sale et glauque, je n’ai rien retenu de cet endroit si ce n’est qu’il ressemble à un … port mais en pire (sans vilain jeu de mots)…
Attention, lorsque vous prenez vos billets, pensez à bien vérifier le numéro de l’embarcadère car le port du Pirée est relativement étendu et si le trajet entre Athènes se fait assez rapidement, mieux vaut prévoir un peu de temps pour trouver votre « gate » d’embarcation.
Arrivée au port du Pirée, je m’introduis directement dans l’enceinte du port et décide de suivre mes homologues touristes. Au bout d’une centaine de mètres, nous arrivons à la porte E3 où je pressens un problème. Les gens sont bien là à attendre le ferry de la compagnie Anek Lines en direction de Santorin mais un détail me trouble… il n’y a pas de ferry…
Après quelques recherches, je prends conscience que la nuit va être plus longue que prévue. Le ferry affiche en effet un retard de 5 heures…
Leçon à retenir sur les ferrys
Le ferry est certes le moyen le plus économique et « développement durable » pour se déplacer d’île en île. Mais attention malgré tout car il semblerait que les retards soient relativement fréquents, surtout dans la période estivale.
Pour parer à une attente trop importante au port du Pirée (où il n’y a strictement rien à faire ou si peu…), n’hésitez pas à appeler la compagnie de ferry que vous avez choisi. Vous pouvez également consulter le site internet pour regarder les dernières infos. Veillez malgré tout, en cas de retard, à vous présenter une bonne heure avant l’heure indiquée dans le cas où le ferry aurait une envie soudaine de prendre le large…
Que faire au port du Pirée ?
Malheureusement, pas grand chose… Le port se trouve à une distance non négligeable lorsqu’on transporte des bagages des quelques attractions du Pirée. Aussi, vous pouvez larguer vos sacs et autres valises à la station du métro où des consignes automatiques sont à votre disposition. Relativement grandes, elles vous coûteront la modique somme de 3 euros pour les prochaines 24 heures, majorées de 3 euros par jour supplémentaire. Vous pouvez les laisser jusqu’à 15 jours maximum. Au-delà, je n’ai pas très bien compris ce qui pouvait bien se passer mais ça ne ressemblait pas à une happy end…
Une fois vos bagages déposées à la consigne, vous pouvez toujours vous balader dans le Pirée pour voir la Marina ou encore siroter un verre.
Pour les blasés qui souhaitent à tout prix rester dans les environs du ferry, le port met des salles d’attente climatisées à votre disposition avec une faible connexion Wifi. Mais elles sont loin d’être confortables et n’ont qu’une capacité réduite. Un Starbuck coffee peut subvenir à vos besoins de caféine. Il est situé dans une salle assez grande et climatisée. Mais le Starbuck ainsi que la grande salle bien fraiche « qu’il y fait bon quand il fait 40° dehors » ferme aux alentours de minuit… et vous, pauvres pèlerins, seraient condamnés à regagner les chaudes effluves du port.
Enfin, pour les petites vessies, le port du Pirée a installé des toilettes à quelques endroits mais leur propreté n’est pas franchement leur meilleur atout.
Dans tous les cas, prévoyez d’acheter en amont victuailles et carafons afin de ne pas tomber en panne sèche. Si en journée vous trouverez toujours un moyen de trouver de quoi vous repaître, les commerces ne sont pas très nombreux en soirée.
Si le sommeil venait à vous gagner, veillez à ne pas dormir « isolé » mais bien en vue de personnes de confiance ou tout du moins, qui vous inspirent confiance. Le quartier du port du Pirée n’est pas, à proprement parlé, un lieu très rassurant et je vous conseille de ne pas y jouer les aventureux solitaires en mal de nuits à la belle étoile… ce serait bête de prendre le ferry sans bagage ni chaussure…
Pour récapituler :
Avant votre départ : veillez à embarquer des victuailles. Cela vous sera d’un grand secours si vous restez coincé au port du Pirée entre minuit et 5 heures du mat’… N’oubliez pas d’appeler la compagnie de ferry que vous avez choisi pour vérifier qu’il n’y a pas de retard et le numéro de la porte d’embarcation (normalement indiqué sur votre billet mais vous ne perdez rien à vérifier une seconde fois).
Carte du port
Le trajet entre Athènes et le Pirée : environ 20 minutes de la station Monastiriki. Pour gagner le Pirée, prenez la ligne verte mais attention aux délais d’attente entre deux trains.
Où trouver le port ? En sortant du métro, marchez tout droit et traversez la rue. Aucune raison de prendre le pont pour atteindre l’enceinte du port. Des portes vous en donnent l’accès à plusieurs endroits et cela vous économisera un peu d’énergie.
Bon à savoir : si vous souhaitez vous balader avant d’embarquer, des consignes sont à votre disposition à la station de métro.
13/08/2010 – 3:20 du mat’ – Port du Pirée
Le ferry arrive enfin. J’ai réussi à dormir une heure sur mes valises et sous le regard vigilant de la personne qui m’accompagne. Je me réveille à la douce odeur des pots d’échappement. Lorsque j’ouvre un oeil, je voix, devant moi, un énorme bâtiment qui me fait face… le ferry. Arrivé depuis quelques minutes, il a ouvert ses gorges béantes et ne cessent de cracher des grappes de personnes et de voitures. Bientôt, ce sera à nous d’investir cette imposante forteresse. Annoncé à 5 heures, le ferry est pourtant déjà arrivé. Tant mieux me direz-vous…
Le temps de reprendre mes esprits, j’ai déjà arnaché mon sac sur le dos et me voilà partie à la rencontre de Moby Dick. Une longue file s’est déjà formée devant l’entrée… mais c’est alors que mon instinct de survie prend le dessus sur ma raison : je décide de prendre mon effronterie à deux mains en contournant tout ce joli monde et en passant par l’entrée des voitures… Attention, ce geste insensé n’est provoqué que par une fatigue certaine et une nuit passée dans le port du Pirée. En tant normal, tout touriste bien élevé devra attendre, en file indienne, de pouvoir passer par l’entrée “piétons”, comme il se doit !
Introduite dans le saint des saints, je fais mine de montrer mon billet à un contrôleur qui, voyant mon état de décomposition avancée, ne tente même pas de me stopper et valide sans broncher mon pass. Et voilà ! Ni vue, ni connue, votre dévouée glob trotteuse s’est transformée, sous le coup de la fatigue, en une fraudeuse sans scrupule.
Alors que les premiers “piétons” entrent à leur tour dans le ferry, je me dirige d’un pas décidé, vers le deck n°5. Je me rends alors compte que d’autres petits malins ont pris les devants en se plaçant à des points stratégiques de la forteresse… Les sofas et autres recoins calmes sont déjà occupés par des sacs de couchages qui font mine de dormir… Arrivée au niveau du restaurant, je décide que ce sera là mon point de chute. Je m’installe en quadrillant le coin à l’aide quelques chaises et me love dans le creux de deux d’entre elles. Drôle d’impression, au-dessus de moi, il y a un miroir qui me renvoie une image peu flatteuse. Cheveux ebourrifés, yeux gonflés, peau luisante de crasse… Tant pis, je tire une serviette de bain pour me couvrir et m’endors.
5 heures plus tard…
Je me réveille, courbaturée et je vois, face à moi, un champ de bataille. Mon reflet est toujours là et a maintenu sa position. Mais il n’a pas été assez fin stratège pour repousser les envahisseurs car allongés par terre autour de moi, des corps, pleins de corps. Certains sont recroquevillés sur eux-mêmes, d’autres se sont étendus de toute leur longueur. Vu d’en haut, j’ai l’impression de voir un tableau de Kandinsky où les formes et les couleurs s’imbriquent sans sens ni raison… Vu de profil, c’est un carnage… Des jambes, des bras, des têtes, des postérieurs… la salle que j’ai laissée hier s’est transformée en un véritable champ de bataille où chaque guerrier a lutté pour son sommeil. Certains ont réussi et dorment de tout leur saoûl… d’autres ont failli…appuyés contre un bout de mur ou de chaise, ils luttent contre leur propre corps inexorablement soumis aux lois de la gravité.
Je décide de m’extraire des rangs et au prix de quelques acrobaties, je parviens à sortir des décombres. Dans les autres parties du navire, ce n’est guère mieux. L’ingéniosité de certains ont conduit à des positions qui mériteraient d’être immortalisées… mais à l’instant où je vous parle, je n’ai malheureusement pas osé voler quelques images. Sur le pont, des valeureux (ou inconscients) ont également passé une partie de leur nuit. Certains se sont même endormis en plein soleil, épuisés par la bataille. Cette arche est devenue, l’espace d’une nuit, une version 3D de Guernica et je m’en amuse !
Je m’appuie contre la barre du pont et enfin, je comprends les raisons qui motivent de tout ce supplice… tout autour de moi se dressent, fières et grandioses, les îles des Cyclades ! Il nous reste encore quelques heures de bateau avant d’arriver à bon port mais déjà, Serifos, Sifnos, Milos, Folengandros nous ouvrent le chemin. Encore trois heures et nous serons arriver… à Santorin la belle !
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